Retour des pluies et spectacle des inondations à Douala

Le retour des pluies avec son lot d’inondations constituent pour les habitants de la ville de Douala en général et en particulier ceux des quartiers marécageux un moment cauchemardesque.

Nous sommes déjà fatigués dans ce quartier de MaképéMissokè lieu-dit petit pays, avec les inondations. J’ai déjà fait partir mes enfants chez ma sœur qui est dans un quartier moins dangereux que le nôtre pendant la saison pluvieuse. L’année dernière les eaux de pluies ont failli emporter mes deux enfants. Puisque je n’ai pas les moyens pour aller trouver une autre maison, je suis condamné à vivre ici. Nous espérons toujours qu’un jour les autorités vont vraiment nous aider. », Développe avec un ton violent Alex. Nous sommes le jeudi, 22 Avril, notre présence au quartier MaképéMissokè, dans l’arrondissement de Douala 5èmen’est pas la bienvenue. Les riverains sont aux abois. « Vous savez comment je fais pendant les inondations surtout dans la nuit, je ne dors pas. Je travaille toute la nuit avec ma femme et mes enfants pour retirer de l’eau dans la maison. De plus, lorsque c’est grave nous nous réfugions sur des tables et les étagères pour attendre que les eaux baissent. Dans cette situation comment voulez-vous que nous soyons contents.

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C’est un film d’horreur que nous vivons dans ce quartier. C’est vrai que l’une des causes de ce phénomène est la construction anarchique de maisons par des riverains sur les drains. La faute revient à tout le monde. Mais les pouvoirs publics peuvent faire quelque chose s’ils veulent », argue furieusement Elvis Mama. En sillonnant ce quartier, force est de constater que plusieurs domiciles sont construits sur des drains. Les ordures aussi se retrouvent dans les lits d’eaux. Du coup, c’est presque impossible pour les eaux de circuler normalement pendant la tombée des pluies. Nous remarquons aussi que cette population est prise dans l’étau des eaux des pluies qui viennent du lieu-dit dessert et celles du Campus2 de l’Université de Douala. Les deux ponts qui sont censés facilités la bonne circulation de l’eau sont pratiquement bouchés. Pour Adolphe METACGVIANO, conseiller municipal à la mairie de Douala5ème, habitant la zone, « Même si au niveau des autorités l’on note une lenteur dans les réponses face à ce problème. On fait face à l’incivisme de certaines personnes qui ne veulent pas s’impliquer dans l’investissement humain les dimanches. De plus celles qui ont construit sur les drains des eaux et qui ont été sommées de libérer le site pour destruction pour laisser le passage à l’eau. Ce problème d’inondation, que ce soit le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, les autorités de la mairie de Douala 5ème, réfléchissent tous les jours sur les meilleures solutions notamment le dédommagement des habitants qui verront leurs maisons détruites.». En attendant que des bonnes solutions et même définitives soient trouvées par les autorités en charge de ces questions, le cauchemar demeure et fait partir du quotidien de ces riverains.

Fulbert FOFACK