Pleurs et désolations des peuples africains

Six décennies déjà passées depuis les indépendances à coût de milliers de vie de nos chers compatriotes et surtout de nos vaillants nationalistes qui avaient pourtant la main sur le cœur pour leur patrie; sans que la situation des peuples et des nations ne se soit améliorée. On a plutôt l’impression que la misère et la pauvreté se sont installées au risque de dire que les populations africaines ont perdues leur Nord s’ils en avaient un. Les politiques africaines des années d’indépendances à nos jours, au lieu d’aider les peuples à sortir de la pauvreté, du sous-développement et de la misère ambiante ,ils les ont plutôt englouties dans un cycle infernale de soumission, de paupérisation, d’avilissement, désolation et, les a même conduit vers un pessimisme qui n’aide pas un prétendu développement économique. Comment comprendre que les pays africains se battaient et continuent de se battre pour être élus ou mieux nommés pays très pauvre et très endetter(PPTE) alors qu’ailleurs on se bat pour être pays émergeants et développés et industrialisés? Que dire de nos dirigeants qui prônent la médiocrité en lieu et place de l’excellence?
La mission d’homme d’état est une mission sacrée sous d’autres cieux mais en Afrique c’est un trampostain pour s’accorder des privilèges inouïs et humainement inacceptables. Le développement social, l’éducation, la santé qui devrait être les priorités sont reléguées au second plan. Pour qui construit-on les hôpitaux en Afrique si nos propres dirigeants et responsables à tous les niveaux ne peuvent y séjourner? C’est très ahurissant de se rendre compte que les hauts dignitaires non seulement du régime mais surtout de la santé publique sautent dans le premier avion pour aller se faire consulter en Europe et aux Etats Unis quand ils ont un moindre souci de santé et la question de fond revient: pour qui construit-on les hôpitaux africains et Camerounais? Il en n’est de même des écoles et centres de formation, comment pourrait-on comprendre que les fils des Ministres, directeurs généraux et autres dignitaires se réfugient dans les universités d’Outre-mer, prônant à qui veut le comprendre que leur système éducatif est performant et efficace? Heureusement la condamnation de l’ancien tortionnaire et dictateur Tchadien Hussein Habré vient à point nommé marquer le commencement d’une nouvelle ère. Le règne de l’impunité des dirigeants africains est en voie de disparition. Mais cela ne peut se faire que par engagement de tous et cet engagement passe par l’éducation civique des populations qui n’est pas l’affaire des seuls responsables en place mais aussi et surtout le rôle et le devoir de la société civile et des parties politiques dits de « l’opposition ». Maintenant il y a définitivement du pain sur la planche, aujourd’hui près d’un milliard d’africain vivent dans l’extrême pauvreté, parmi ce milliard près de 22 millions de camerounais; alors même que le Cameroun reste et demeure un pays riche dans tous les sens du terme, un « Eldorado ». Nous ne règleront jamais nos problèmes en nous divisant, en créant des colloques, des commissions d’enquêtes et autres alibis pour soustraire les deniers publics, nous devons prendre des décisions courageuses. Il n’est pas question d’inventer la roue, mais juste de voir à côté ce qui a fait succès et l’adapter à notre contexte. Il n’y a pas de voie unique pour résoudre les problèmes des peuples africains mais la démocratie et l’alternance sont des jalons essentiels en ce sens qu’elles permettront d’essayer autres choses et en plus de rendre « accountable » comme les British le dissent si bien les responsables politiques. Les millions de familles africaines et Camerounaises qui vivent dans la pauvreté ambiante et la misère totale ont actuellement besoin non pas des discours, des propositions, des colloques et autres symposiums inutiles mais elles ont besoin d’actions réelles et concrètes qui puissent impacter leur vécu quotidien et cela n’est pas entrain arriver.

D. Kamgaing Investigative Journalist
Washington DC, U.S.A. Yaoundé

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