Bicec Gate:Qui paye la note?

Quelques jours  après  l’incarcération de deux ex-cadres de cette banque et de deux autres « complices » pour  détournements de fonds, les questionnements  fusent sur  l’avenir de l’institution bancaire.

Il est 10 h 45 minutes ce Vendredi 12 Août à l’extérieur de la banque Bicec de Douala. A la porte, deux vigiles de combinaisons tous de jaunes vêtus, filtrent les entrées. Le détecteur de métaux qui leur sert d’instrument de travail n’a de cesse de crépiter. Les clients assis sur les chaises disposées de part et d’autre dans le vaste hall attendent d’être reçus. Derrière les six postes d’accueil et de renseignements, des dames rongent les doigts. Tout comme leurs collègues des sept guichets, dont quatre sont réservés aux clients de la banque. Quelques-uns forment une longue queue devant un des guichets. D’autres sont adossés sur des pupitres aménagés pour le remplissage des bordereaux de versement et de retrait.
Rien ne laisse présager que quatre hauts cadres dont deux ex de cette institution bancaire ont été placés en détention à la prison centrale de New-Bell de Douala le lundi 8 août 2016. Une arrestation qui selon des sources bien introduites, s’est fait au terme d’auditions préliminaires au parquet du Tribunal de grande instance du Wour. Il s’agit d’Innocent Ondoa Nkou, ancien directeur général adjoint de la Bicec, Samuel Ngando Mbonguè, directeur de la comptabilité et de la trésorerie, Benoit Ekoka, expert-comptable, et Martin Nyamsi, promoteur d’Interface, une entreprise qui avait ses entrées à la Bicec et dont elle était prestataire de services.
Des informations glanées à bonnes sources font état de ce que, l’ancien Dga de la banque, qui avait démissionné au mois de Mai dernier, au plus fort du malaise de la crise suscitée par la découverte des déficits financiers à hauteur de de 42 milliards de F Cfa, au préjudice de la Bicec, avait pris ses responsabilités en jetant l’éponge . Aucun épargnant de la Bicec interpelé au sortir de la banque ou dans le hall n’ignore ce feuilleton apprécié par plus d’un. Badas, un épargnant à la Bicec depuis dix ans, déclare que « J’ai lu avec attention dans un que les hauts dignitaires de la Bicec ont été interpelés pour distraction d’une somme assez importante, l’argent que nous déposons. Donc ça ne peut pas nous réjouir, bien sûr. C’est vrai que nous sommes inquiets pour ce qui est de l’avenir de la banque et même de la dimension confiance que nous avons fait aux dirigeants de cette institution bancaire surtout dans la gestion de l’argent des épargnants ».
À l’extérieur de la banque, un autre client habituel de la banque exprime que « C’est vrai que les hauts cadres ont certes détournés beaucoup d’argents, cela n’enlève en rien la crédibilité de la Bicec. Je vais continuer à traiter avec cette banque comme si de rien ne s’était passé. Mais en ce qui concerne les présumés détourneurs des fonds, ils font répondre de leurs actes devant les tribunaux compétents ». Moins modéré dans ces propos que les autres Pascale, assit sur une chaise d’attente dans un coin, à l’intérieur de la banque ne va pas du dos de la culière, lorsqu’il affirme que « chaque fois que je viens verser ou faire un retrait d’argent dans cette banque, je voyais souvent certains de ces cadres garés des voitures de dernière génération, du coup je me posais toujours les questions sur la provenance d’ autant de l’argent qui leur permet de s’offrir ce luxe. De toutes les façons, la Bicec continue à fonctionner et notre argent est toujours bien gardé et les présumés voleurs doivent aller se justifier devant la justice » formule-t-il. Au regard de ce qui est constaté et ce qui est dit de part et d’autres sur ce scandale financier de la Bicec, la banque se remet petit à petit tout en espérant redorer son blason auprès de ses multiples partenaires, épargnants et autres.

Fulbert Fofack