Identification :Quelques signes pour reconnaitre les opératrices du sexe à Douala

Leurs penchants vestimentaires extravagants  et leur arsenal de maquillage est ce qui caractérise dans bon nombre de cas les belles de nuit qui abondent dans la capitale économique. 

Reconnaitre une opératrice du sexe, une proxénète ou un client rélève d’une familiarité cultivée. Seul un climat de confiance et la sérénité qu’une personne opérant dans ses lieux lui permet de reconnaitre comme tel. Mais des signes extérieurs et des symboles laissent voir et permettent de les identifier sans trop se tromper. Quelques traits extérieurs et les niveaux de reconnaissance des prostituées se constatent au niveau de la toilette, de l’habillement, de la coiffure,du maquillage. Maquillage extravagant, agencement des vernis, des brillants de couleurs variées, fards aux yeux et rouges à lèvres. Chez ces dernières, la coiffure est aménagée de manière à éviter certaines contraintes liées au traitement après acte sexuel. Cette idée acceptée les distingue et fait leur particularité. Fille sans tresses, cheveux courts, taillés, traités et teintés en couleurs comme signes distinctifs et symboles de reconnaissance qui constitue à cet égard des signaux et des messages codés adressés à qui conque peut bien le décoder.
A la « Elf », lieu rebaptisé « Carrefour Nelson Mandela », les accoutrements sont singulières et spécifiques ; on en veut pour preuve ces propos de Bibiche, « Aucune Waka, ne peut te dire que oui je suis Waka, si elle ne te connait pas bien, mais c’est bien facile de nous remarquer,…nous mettons des habits qui peuvent nous attirer des clients sans honte, il faut aussi être à la mode sinon tu n’auras pas de client. Tu sais que les hommes sont très compliqués maintenant, tous les jours, la télé montre les nouveaux modèles que tu dois tout faire pour avoir et bien attirer les clients. C’est aussi comme tous les autres marchés, où on cherche les clients…nous avons nos propres genre d’habillements par rapport à notre marché…il faut s’habiller en tendance, en mini, en serré, en sexy, tout ceci avec DVD, VCD, DCD…c’est ça la tenue d’attaque ».
A tout ceci, le port quasi généralisé des chaines aux chevilles, des boucles et des autres bijoux extravagants est très vulgaire et attire spécialement l’attention. Ce portrait extérieur ou attitude vestimentaire constitue des traits physiques, qui marquent la singularité collective et l’unicité de ces individus dans la nouvelle culture, des stratégies se multiplient davantage dans l’intention d’une part de se faire remarquer et aussi dans l’idée de rester toujours productrice. Ainsi, pour dissimuler les odeurs, les senteurs, les haleines qui se dégagent après chaque acte sexuel, sont consommés les « chewing-gums » parfumés et l’utilisation des parfums spécifiques et appropriés pour échapper aux toilettes régulières. A ce sujet et à la question de savoir comment cela se passe après chaque passe, ces propos de Tigresse sont forts révélateurs : « …la toilette après chaque coup est source de perte de temps…c’est pour cela que chacune ici possède ses mouchoirs et ses serviettes comme arbitres de touches pour se nettoyer, la plus part d’entre nous ici utilisent le parfum qu’on a composé avec l’eau de Cologne dans le sens de chasser les mauvaises odeurs après chaque passe… ». Sur un tout autre plan, il n’y a pas de lisibilité réelle au niveau de leur portrait moral. En fonction des circonstances, elles affichent des comportements moraux qui sont des signaux collectifs bien appropriés à des fins calculées qu’il faut bien intégrer afin de les comprendre.

Fulbert FOFAC